Section III : Éléments de l’audit financier
A. ASSURANCE RAISONNABLE (ISSAI 200.38)
1.17. Un audit financier, réalisé dans le cadre des normes internationales, vise à fournir une assurance
raisonnable que les états financiers pris dans leur ensemble ne comportent pas d’anomalies
significatives.
1.18. Le concept d’assurance raisonnable est à la base de l’opinion à émettre par l’auditeur financier.
Cette assurance se rapporte à l’ensemble des éléments probants recueillis dont l’auditeur
a besoin pour conclure que les états financiers pris dans leur ensemble ne contiennent pas
d’anomalies significatives, que celles-ci résultent de fraudes ou d’erreurs.
1.19. L’assurance raisonnable est à considérer pour la totalité du processus d’audit. Il s’agit d’un
niveau élevé, mais non absolu, d’assurance. L’auditeur ne peut pas fournir une assurance
absolue en raison des limitations inhérentes au travail à accomplir, au jugement professionnel
requis, et à la nature des éléments probants à examiner.
1.20. De même, lors de ses travaux, l’auditeur a recours au jugement professionnel pour former
son opinion ; ce qui n’exclut pas la subsistance d’un risque d’audit.
B. SUJET CONSIDÉRÉ (ISSAI 200.33)
1.21. Le sujet considéré est l’ensemble des états financiers et parfois les activités financières
présentées dans les états financiers.
1.22. La notion d’informations afférentes au sujet considéré se réfère au résultat de l’évaluation de
l’ensemble de l’information financière fournie par la direction de l’entité auditée. Sur la base de
ces informations (les états financiers de l’entité, par exemple), l’auditeur collecte un nombre
suffisant d’éléments probants appropriés pour fournir une base raisonnable à l’expression
d’une opinion dans son rapport.
C. PARTIES A L’AUDIT FINANCIER
1.23. Les intervenants de l’audit financier du secteur public sont :
- l’auditeur qui vérifie l’information financière ;
- la partie responsable qui établit les états financiers soumis à l’audit. Dans le contexte
des États de l’UEMOA, il s’agit du Ministère des Finances en charge de l’élaboration des
comptes de l’État et autres entités personnalisées comme les établissements publics
ou autres structures autonomes ;
- les utilisateurs présumés, généralement, le citoyen, les représentants du citoyen, l’Exécutif,
les partenaires techniques et financiers, ainsi que la société civile.
D. APPROCHES PAR LES RISQUES
1.24. L’approche d’audit basée sur les risques requiert que les professionnels prennent connaissance
de l’entité auditée et de son environnement, y compris de son contrôle interne.
1.25. L’objectif de cette approche consiste à identifier et évaluer les risques permettant de s’assurer
que les états financiers ne contiennent pas d’anomalies significatives, que celles-ci résultent
de fraudes ou d’erreurs.
1.26. La détermination du risque d’audit est à l’origine de l’approche basée sur les risques.
1.27. Il existe trois (3) types de risques d’audit à savoir :
D.1. LE RISQUE INHÉRENT
1.27.1. Risque lié à l’activité de l’entité et à son environnement ; dans le cas des comptes
de l’État, peuvent être considérées comme des éléments de risques inhérents les
recettes et les dépenses.
D.2. LE RISQUE DE NON-CONTRÔLE
1.27.2. Risque qu’une anomalie significative se produise dans les comptes et ne soit pas
détectée et corrigée par les contrôles mis en place.
D.3. LE RISQUE DE NON-DÉTECTION
1.27.3. Risque que l’auditeur ne détecte pas une anomalie significative malgré les diligences
mises en œuvre.
1.28. L’évaluation des risques est une question de jugement plutôt qu’une mesure précise. Le
niveau attribué à chaque composante est estimé par l’auditeur sur la base de son jugement
professionnel, étayé par les procédures décrites ci-après.
1.29. Le modèle de risque d’audit aide l’auditeur à déterminer l’ampleur des travaux d’audit qu’il est
nécessaire d’effectuer pour atteindre le degré d’assurance souhaité pour ses conclusions.
Risque d’Audit (RA) = Risque Inhérent (RI) x Risque de Non-Contrôle (RNC)
x Risque de Non-Détection (RND)
1.30. Cette équation doit toujours être équilibrée. Plus un auditeur estime que le niveau de risque
inhérent et/ou de non-contrôle sera élevé, plus le risque de non-détection sera faible. Il faut
donc davantage de l’audit de détail (augmentation de la taille d’échantillon).
1.31. De même, si l’auditeur estime que le risque inhérent combiné au risque de non-contrôle est
faible, plus le risque de non-détection sera élevé. Dans ce cas, cela requiert un nombre moins
élevé de contrôles de substance et davantage de travaux relatifs aux systèmes. Il faudra tester
un plus grand nombre de systèmes et de contrôles, car les hypothèses formulées lors de la
phase de planification doivent être vérifiées. Les travaux relatifs aux systèmes contribuent
également à l’assurance générale. Le risque de fraude est à la fois un élément de risque
inhérent et un élément de risque de non-contrôle.
1.32. Le risque d’audit doit être pris en compte lors :
- de la planification de l’audit, notamment pour la définition des procédures d’audit ;
- de la mise en œuvre des procédures d’audit ;
- de l’évaluation des résultats des tests d’audit qui ont été réalisés.
1.33. Pour détecter et évaluer le risque que l’entité n’atteigne pas ses objectifs en ce qui concerne
la fiabilité et la conformité, et ainsi contribuer à concevoir les procédures d’audit à mettre
en œuvre, l’auditeur doit appliquer des procédures d’évaluation des risques à un stade aussi
précoce que possible, en se fondant sur différentes sources d’informations.
Les procédures d’évaluation des risques et le questionnaire d’évaluation des risques sont
respectivement présentés en annexes n°1 et n°2.