3.4.1. Parties prenantes centrales
Les Ministères conduisent le développement d’un ou de plusieurs secteurs d’activités définis par l’État dans chacun des pays de l’UEMOA. L’institutionnalisation pertinente du Genre dans ce ou ces secteurs d’activités dépendra fortement de la capabilité (ressources) de ces départements ministériels à contextualiser l’approche genre dans leurs dispositifs et processus de planification, budgétisation et suivi-évaluation.
Dans cette dynamique, il est créé une Direction de l’appui à l’Institutionnalisation du Genre au sein de la Direction Générale du Plan du ministère en charge de la planification du développement. Cette direction chargée de l’appui à l’Institutionnalisation du Genre (DIG) travaille à favoriser la disponibilité d’outils et d’instruments de planification nationale, sectorielle et locale sensibles au Genre. Elle appuie également les processus sectoriels et locaux de planification du développement et d’investissements publics afin d’en améliorer voire renforcer la sensibilité au Genre. Il est important de souligner que le personnel de la Direction chargée de l’Institutionnalisation du genre de la Direction Générale du Plan devra avoir une expérience avérée en planification du développement. De façon particulière, la mise en place de la DIG tient compte des spécificités des pays de l’Union. En effet, la DIG aura un niveau de Division au Mali étant donné que le pilotage du processus de planification est coordonné par une Direction nationale. En sus, au Mali, au Burkina Faso et au Togo, en plus de la DIG, une autre structure spécifiquement dédiée à l’institutionnalisation du Genre du secteur de la Planification sera mise en place. Cette option envisagée est à l’image de ce qui se pratique dans les ministères transversaux comme la Fonction Publique qui dispose de relais (Direction des Ressources humaines) au sein de tous Ministères et Institutions y compris en son propre sein.
Par ailleurs, pour faciliter la contextualisation de la prise en compte de la dimension genre, assurer sa systématisation et sa transversalité dans les politiques publiques, l’institutionnalisation du Genre constituera une des attributions de la Direction/Cellule en charge de la planification du développement dans la plupart des ministères existant dans les pays de l’UEMOA. De plus, afin d’éviter que les questions de sexospécificité ne soient reléguées au second plan, avec le risque de perpétuer les faiblesses actuelles des systèmes de planification en la matière, il est préconisé d’ériger la gestion des questions d’institutionnalisation du Genre en un service de rang de Sous-direction dans chacune des Directions/Cellules chargées de la planification sectorielle (figure 7). Les responsables de ces services d’institutionnalisation du Genre constitueront des interlocuteurs privilégiés du CMIG et seront membres de sa Commission Consultative. Les Cellules de promotion du Genre en place constituant les mécanismes actuels d’Institutionnalisation seront supprimées au profit des Sous-Directions ou Services d’Institutionnalisation du Genre dans un souci d’efficacité, de performance et de rationalisation des services.
Dans le cadre du processus d’institutionnalisation du Genre dans leur-s secteur-s d’intervention, ces Ministères veillent à mettre en place un catalogue contextualisant les besoins pratiques et intérêts stratégiques des acteur-trice-s dont la satisfaction améliorera l’égalité entre les hommes et les femmes dans l’accès, la participation et le pouvoir de décision sur les ressources productives et bénéfices. Ce catalogue de besoins pratiques et d’intérêts stratégiques en matière d’égalité hommes-femmes doit être accompagné d’un répertoire des indicateurs spécifiques à chaque secteur d’intervention. Ces différents instruments d’institutionnalisation du Genre alimenteront les différents débats lors des sessions de planification, de mise en œuvre, de suivi et de capitalisation des acquis, et en particulier lors des sessions du SMIG.