2.5. Démographie, capital humain, genre et jeunesse, migration, culture et tourisme
Dynamique démographique
La population de l’UEMOA croît à un taux moyen annuel de 2,69% par an et est estimée à 137,3 millions en 2021. Si la dynamique actuelle est maintenue, la population de l’Union atteindra 227,4 millions en 2040, année d’échéance de la présente étude prospective.
La croissance rapide de la population de l’Union est entretenue par les taux de fécondité encore élevés dans la plupart des pays. L’indice synthétique de fécondité ressort à plus de 4 enfants en moyenne par femme dans l’ensemble des États membres. Il apparaît modérément élevé dans 4 pays de l’Union, à savoir le Togo (4,35), la Guinée-Bissau (4,51), le Sénégal (4,65), la Côte d’Ivoire (4,68), élevé dans deux États, notamment le Burkina (5,23) et le Mali (5,92) et très élevé au Niger (6,96).
La dynamique démographique est aussi influencée par la pyramide des âges, notamment : le poids important des individus en âge de procréer ; la répartition des populations entre les milieux urbain et rural ; la dynamique de pauvreté. Tous ces facteurs sont des paramètres qui déterminent les perspectives de développement des pays de l’UEMOA et d’amélioration du niveau de vie des populations.
La dynamique démographique induit des pressions importantes sur les services sociaux, notamment d’éducation et de santé, sur les infrastructures ainsi que sur l’environnement et les actifs naturels.
Capital humain
Au niveau sanitaire, des progrès ont été enregistrés dans tous les États membres de l’UEMOA au cours des 30 dernières années avec l’espérance de vie à la naissance qui a progressé dans l’ensemble des pays et les taux de mortalité qui ont considérablement baissé (figures 27 et 28). Malgré ces améliorations, les performances enregistrées sont encore insuffisantes. En effet, 4 pays de l’Union affichent, en 2021, des espérances de vie à la naissance moins élevées que la moyenne de l’Afrique subsaharienne (59,7 ans), tandis que deux États membres enregistrent des taux de mortalité plus élevés que la moyenne de l’Afrique subsaharienne (9,2 cas de décès pour 1 000 personnes).
En outre, en ce qui concerne la santé maternelle et infantile, beaucoup d’efforts restent à réaliser dans plusieurs États membres. En effet, à l’exception du Burkina (264 cas de décès pour 100 000 naissances vivantes) et du Sénégal (261 cas) pour lesquels les taux de mortalité maternelle sont faibles, les autres pays de l’Union affichent, en 2020, des taux élevés (Côte d’Ivoire (480 cas),
au Mali (440 cas), au Niger (441 cas) et au Togo (399 cas)) et très élevé
(Bénin (391 cas) et en Guinée-Bissau (725 cas)) (figure 29). 
Concernant les taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans, ils se situent, en 2021, au-dessus de ceux de l’Afrique subsaharienne (72 cas pour 1 000 naissances vivantes) dans 6 pays de l’Union (Bénin, Burkina, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali et Niger)10.
La zone UEMOA est aussi le lieu de nombreuses maladies infectieuses et parasitaires qui restent les principaux problèmes sanitaires. En particulier, des maladies comme le paludisme (principale cause de morbidité), la rougeole, les infections respiratoires aigües et la diarrhée constituent les premières causes de décès.
En dehors de ces maux, les maladies non transmissibles telles que l’hypertension artérielle, le diabète, le cancer, etc., prennent également de plus en plus d’importance dans la zone. En effet, le poids des maladies non-transmissibles dans l’explication des cas de mortalité s’est accru dans l’ensemble des États de l’Union.
Les systèmes de santé des pays de l’UEMOA présentent divers types de déficits qui limitent leurs performances et leur capacité de résilience face aux chocs sanitaires. Ces déficits concernent aussi bien la disponibilité des infrastructures, des fournitures, la quantité et la qualité du personnel médical que les difficultés liées à la gouvernance (Afrobarometer, 2019 ; 2021). Aucun État de l’Union ne parvient à satisfaire aux engagements issus de la déclaration d’Abuja de 2001 qui recommande que les États africains consacrent au moins 15% de leurs budgets au financement de la santé. Ainsi, les populations de l’UEMOA continuent d’avoir un accès limité à des soins de santé de qualité.
S’agissant du secteur de l’éducation, des progrès considérables ont été également enregistrés dans l’ensemble des États membres depuis le début des années 1990. Le nombre moyen d’années d’éducation a progressé au fil des années dans l’ensemble des États et les inégalités, entre les sexes, dans l’accès à l’éducation, ont été considérablement réduites, notamment dans le primaire. À titre illustratif, l’indice de parité entre les sexes du taux brut de scolarisation s’est amélioré dans tous les pays de l’Union (figure 30).
En dépit de ces progrès, de nombreux enfants demeurent en dehors des systèmes éducatifs nationaux en raison, entre autres, du niveau important d’abandons scolaires11.
Ces abandons scolaires interviennent en général avant la fin du cycle élémentaire et freinent l’accumulation de compétences à l’échelle des États. En outre, même à l’école, de nombreux enfants achèvent le cycle d’éducation primaire avec un faible niveau d’apprentissage et de fortes lacunes en lecture, en écriture et en mathématiques. À titre d’exemple, les résultats aux tests effectués dans le cadre du PASEC de 2019 indiquent que 59,5% des enfants en Côte d’Ivoire, 61,1% au Togo et 69,9% au Niger n’ont pas les compétences suffisantes en lecture en fin de cycle primaire. De même, de nombreux élèves connaissent de grandes difficultés en mathématiques pouvant les exposer au décrochage scolaire.
Les lacunes enregistrées dans le secteur de l’éducation dans les pays de l’Union résultent, entre autres, de difficultés liées à la disponibilité et la qualité des infrastructures scolaires, des enseignements dispensés dans de nombreuses écoles, de la pertinence des programmes de formation. Ces enseignements exposent très peu les apprenants aux avancées réalisées en matière de science, technologie, ingénierie et de mathématiques (UNESCO, 2020).
En outre, au niveau du secondaire, l’enseignement général reste surdimensionné et l’enseignement technique et professionnel demeure étroit. En effet, moins de 15% des apprenants sont enrôlés dans des cursus techniques et professionnels dans chacun des pays de la région tandis que les entreprises et les besoins de transformation structurelle des économies de l’Union exigent davantage ce type de compétences.
Au niveau de l’enseignement supérieur, il ressort que plus de 80% des établissements sont caractérisés par un manque d’infrastructures, une faible utilisation des technologies modernes telles que les TIC et l’internet ainsi que par des bibliothèques mal équipées affectant négativement la qualité de l’enseignement et la pertinence des recherches entreprises.
Pour prendre en charge, les défis liés à l’éducation, plusieurs initiatives sont prises au niveau de l’Union telles que le Programme d’Appui et de Développement des Centres d’Excellence Régionaux de l’UEMOA visant à améliorer l’offre de formation de niveau Master et Doctorat ainsi que la recherche dans l’espace UEMOA. Cependant, beaucoup reste à faire pour doter les États membres de systèmes éducatifs performants et d’un capital humain compétitif et de qualité.
Emploi, pauvreté et protection sociale
Selon l’Enquête Régionale Intégrée sur l’Emploi et le Secteur Informel (ERI-ESI) de 2017-2018, le taux de chômage reste faible dans l’ensemble des États membres (4,0%) mais le niveau de sous-emploi est élevé (31,1%) avec près de 92,0% des actifs engagés dans l’économie informelle. Pour sa part, le secteur formel, qui offre généralement des emplois de bonne qualité, représente 8,0% des emplois totaux.
Ainsi la plupart des emplois disponibles au sein de l’Union sont des emplois vulnérables, le taux d’emplois vulnérables s’affichant à 72,1%. Plus de 70% des individus en emploi, au sein de l’espace UEMOA, travaillent dans des conditions relativement précaires et ne bénéficient pas d’une protection sociale. Selon les résultats de l’enquête susmentionnée, 31,2% de la main-d’œuvre perçoit un revenu moyen inférieur au SMIG avec des variations notables selon les pays : Niger (63,8%), Mali (60,7%), Côte d’Ivoire (56,8%), Guinée-Bissau (49,5%), Burkina Faso (23,9%), Togo (13,8%), Bénin (12,7%) et Sénégal (3,8%).
La précarité des emplois au niveau de l’Union tient principalement au faible niveau d’instruction de la main-d’œuvre. En effet, une grande frange de cette main-d’œuvre n’a pas achevé le cycle d’éducation primaire. Le niveau moyen d’éducation des individus en emploi dans les États membres de l’UEMOA est de 4,0 années. Ce niveau moyen d’instruction varie d’un pays à un autre se situant à 6,4 ans en Guinée-Bissau, 5,7 ans au Togo, 4,9 ans au Mali, 4,6 ans en Côte d’Ivoire, 3,7 ans au Burkina, 3,5 ans au Sénégal, 3,1 ans au Bénin et 2,7 ans au Niger. Il apparaît plus élevé pour les travailleurs salariés (7,7 ans) que pour les travailleurs indépendants (2,5 ans) justifiant que le premier type de travailleurs reçoive une rémunération mensuelle en moyenne plus élevée que les travailleurs indépendants (111.575 FCFA contre 84.253 FCFA).
S’agissant de l’état de la pauvreté dans l’Union, les résultats de l’Enquête Harmonisée sur les Conditions de vie des Ménages (EHCVM) de 2018-2019 indiquent que son incidence varie de 37,8% au Sénégal, niveau le plus faible, à 47,7% en Guinée-Bissau, taux le plus élevé. Ainsi, au moins un habitant sur trois dans chaque État membre vit en dessous du seuil de pauvreté national (tableau 8).
L’enquête appréhende les principales causes ci-après de la pauvreté dans les États membres de l’Union : (i) faible niveau d’instruction des populations ;
(ii) lieu de résidence des ménages, en particulier le milieu rural ; (iii) sexe du chef de ménage, notamment la direction du ménage par les femmes. L’enquête indique également, dans chacun des États membres, un lien étroit entre le statut de pauvreté et la taille des ménages. En particulier, plus cette taille est élevée, plus les membres sont susceptibles d’être pauvres. Ainsi, la lente transition démographique au sein de l’UEMOA contribue à impacter négativement les perspectives de réduction de la pauvreté et de développement durable au sein de l’Union. Pour sa part, la pauvreté influe sur la dynamique de la population, à travers notamment la croissance démographique, la pyramide des âges et la répartition rurale/urbaine.
L’ensemble de ces paramètres détermine largement les perspectives de développement des pays de l’UEMOA et d’amélioration du niveau de vie des populations pauvres. Ils appellent donc à un renforcement des efforts en matière, entre autres, d’éducation, de santé, notamment reproductive, d’autonomisation des femmes, d’aménagement du territoire. De tels efforts pourraient avoir une incidence sur les dynamiques démographiques, en permettant de réduire les taux de fécondité, faire baisser la mortalité maternelle et infantile, renforcer les opportunités existantes pour les populations, notamment rurales et d’aider les individus, et particulièrement les jeunes femmes, à briser le cycle intergénérationnel de la pauvreté dans un contexte où les mécanismes de protection sociale sont limités.
En effet, il ressort que plus de 90% de la population, dans les huit États membres de l’UEMOA, ne bénéficie d’aucune forme de sécurité sociale. Si de nombreuses organisations, le plus souvent informelles, sont créées, ces dernières années, en vue d’assurer une forme de protection sociale aux populations non couvertes par les systèmes formels de sécurité sociale, celles-ci ne bénéficient pas, en général, d’un environnement juridique adapté12. Ainsi, l’Union s’est dotée, en 2009, d’un texte portant réglementation de la mutualité sociale au sein de l’UEMOA pour prendre, entre autres, en charge ces lacunes. À côté de ces initiatives informelles, plusieurs États membres disposent de caisses de retraites et mettent notamment en œuvre des programmes d’assurance maladie universelle dans le secteur de la santé ainsi que de filets sociaux en vue de protéger notamment les populations vulnérables. Par ailleurs, en 2022, la Commission de l’UEMOA a pris des mesures en vue du renforcement des capacités des États membres dans les domaines de la réglementation pharmaceutique, de la prévention et de la réponse aux épidémies, notamment au niveau des points d’entrée aux frontières terrestres. Cependant, les impacts de ces initiatives restent encore peu perceptibles.
Jeunesse
Le profil démographique de l’UEMOA est caractérisé par une population jeune avec un âge médian de 17 ans. 44,3% de cette population a moins de 15 ans et 64,2% moins de 25 ans. Le ratio de dépendance démographique est de 89% en 2021 contre 83% pour l’Afrique subsaharienne (ASS). Il indique qu’une personne active vivant dans l’Union, dont l’âge est compris entre 15 et 64 ans, a à sa charge 0,89 personne contre 0,83 en ASS.
La proportion importante d’enfants et de jeunes est un atout majeur qui peut générer des dividendes démographiques en soutenant l’activité économique et en favorisant la transformation structurelle. Mais elle fait également peser des risques importants d’instabilité au niveau des États membres, en raison notamment des difficultés à satisfaire les besoins importants de cette population jeune, notamment en termes d’éducation, de santé, de logement, d’emploi, etc. Le marché du travail dans l’espace de l’UEMOA est marqué par une forte vulnérabilité de l’emploi et un chômage important chez les jeunes (figure 33). Le taux d’emploi précaire est de 40,9% chez les jeunes contre 25,5% au niveau de l’Union13. 
Les difficultés des jeunes à s’insérer dans des emplois décents au sein de l’UEMOA contribuent à alimenter la migration illégale vers les autres régions du monde, en particulier vers l’Occident, occasionnant des milliers de pertes en vies humaines dans les eaux de la Méditerranée ou dans le désert du Sahara ainsi que le renforcement du terrorisme et des crises sécuritaires au sein des États membres. Il apparaît donc urgent de mettre en œuvre des actions concrètes en vue d’aider les jeunes à surmonter les difficultés qu’ils rencontrent pour entrer sur le marché du travail et pour s’y maintenir.
Migration
Le modèle de migration de l’UEMOA est caractérisé par une intense migration interne, les migrations intra-régionales représentant près de 80% de l’ensemble des migrations dans cet espace. Ces migrations relèvent parfois de conditions économiques difficiles à certains endroits de l’Union, d’opportunités intéressantes à saisir ailleurs, de conflits armés, des conditions environnementales désastreuses ou encore d’autres causes de nature sociale. Les niveaux les plus élevés de migration intra-régionale proviennent de pays à faible revenu ou enclavés14 en direction des pays côtiers. Parallèlement à la migration interne, l’UEMOA est aussi caractérisée par la migration externe, parfois irrégulière, des résidents de l’Union vers l’Europe avec, notamment, le durcissement des conditions d’obtention des visas européens. Le Niger constitue un important hub pour la migration irrégulière vers les pays de l’Afrique du Nord. Plus de 300 000 personnes ont été en transit au Niger pour l’Afrique du Nord et la Méditerranée en 2016 (CEA, 2019b). Les principaux pays d’origine des migrants transitant par le Niger sont le Sénégal, le Mali, et, dans une moindre mesure, la Côte d’Ivoire15. Les migrations irrégulières donnent souvent lieu à des trafics de tout genre (trafic d’enfants, trafic de femmes pour exploitation sexuelle, esclavage) et exposent les migrants à des risques élevés de décès, en particulier dans le désert du Sahara et durant la traversée de la mer méditerranée.
Genre
Au cours de la dernière décennie, des avancées importantes ont été réalisées en matière de promotion et de protection des droits de la femme au sein de l’UEMOA. Celles-ci se sont traduites par le renforcement des cadres juridiques en la matière, notamment des engagements internationaux, africains ainsi que des Lois nationales16. En dépit de cet arsenal juridique, la zone UEMOA reste encore caractérisée par des inégalités assez marquées, liées au sexe. À titre illustratif, en 2021, les États membres de l’Union ont enregistré de faibles performances pour l’indice d’inégalité des sexes du PNUD ; ceux ayant des niveaux d’inégalité plus accentués sont notamment la Côte d’Ivoire, le Mali, le Burkina et la Guinée-Bissau. 
Les femmes de l’Union continuent d’avoir un accès limité à l’éducation, à la santé, à la propriété foncière et restent victimes de violences liées au sexe. En termes de représentation politique, elles sont encore largement sous-représentées au niveau des instances de décision, notamment des parlements. Seuls deux pays, à savoir le Sénégal et le Mali, sont au-dessus de la moyenne continentale de 26,0%. Au Mali, les femmes occupaient 26,5% des sièges à l’Assemblée nationale en 2020 tandis qu’elles occupent 42,7% des sièges, en 2023, au Sénégal. Les performances des autres pays varient de 6,3% de sièges occupés par les femmes au Burkina en 2020 à 25,9% au Niger à la même date (UIP, 2022).
En outre, en ce qui concerne l’emploi, la situation est également défavorable aux femmes dans l’ensemble des pays. Même en emploi, les femmes, résidant au sein de l’Union, sont plus souvent impliquées que les hommes dans des emplois vulnérables dans lesquels les conditions de travail sont précaires et où elles ne bénéficient pas, en général, d’une protection sociale.
En vue de réduire les disparités entre hommes et femmes au sein de l’Union, la Commission de l’UEMOA s’est dotée d’une stratégie en matière de genre couvrant la période 2018-2027. Cette stratégie a été élaborée afin de contribuer à la promotion d’un environnement institutionnel et communautaire favorable à l’égalité et à l’équité entre femmes et hommes dans les domaines économique, politique, social, environnemental et culturel. En outre, ladite Commission a proposé un nouveau dispositif organisationnel pour rendre opérationnelle la transversalité du genre dans tous les secteurs, à savoir le Schéma Type d’Institutionnalisation du Genre (STIG) dans les États membres de l’UEMOA. À travers le Département du Développement Humain (DDH), la Commission de l’UEMOA œuvre ainsi à la création d’un cadre favorable au renforcement du rôle de la femme dans le processus d’intégration régionale et de développement économique et social des États membres. Ces efforts sont également soutenus par la BOAD qui dispose d’une politique en matière de genre ayant pour but de promouvoir l’équité entre les individus de sexe différent ainsi qu’un développement humain et économique durable au sein de l’Union17.
Culture et tourisme
L’espace UEMOA constitue une zone très riche sur le plan culturel. Les relations complexes tissées entre les peuples de la région ainsi que le rayonnement de puissants empires précoloniaux, à l’instar de ceux du Mali et du Songhay, ont fait de cet espace, le creuset d’un patrimoine culturel diversifié qui inspire beaucoup la production artistique contemporaine. Ces ressources culturelles contribuent également à façonner son identité et à rendre l’offre touristique de l’Union attrayante. De même, le tourisme représente une opportunité pour la valorisation de la richesse culturelle de l’Union, la dynamisation de l’activité économique, la création d’emplois et la lutte contre la pauvreté.
Pour valoriser son patrimoine culturel et touristique, l’UEMOA s’est dotée d’une politique commune en matière culturelle et a mis en œuvre un Programme Régional de Développement du Tourisme en 2012. Cependant, ces deux instruments sont arrivés à échéance en 2020 et n’ont pas permis à l’Union d’exploiter pleinement les opportunités offertes par la richesse du patrimoine culturel et touristique18. La contribution du tourisme au PIB des États membres de l’Union reste relativement faible. Elle se situe en moyenne à environ 7,0% de ce PIB19. À titre de comparaison, cette contribution s’établit à, à peu près, 50% pour les Seychelles, 30% pour le Cabo Verde ou 16% pour la Gambie20.
Dispositifs de prise en charge des questions sociales au sein de l’UEMOA
La prise en charge des questions sociales par les États membres de l’UEMOA est réalisée principalement dans le cadre de la mise en œuvre des politiques et programmes de développement nationaux et sectoriels propres à chaque pays. Cela à travers notamment des Ministères de la santé, de l’éducation, de l’enseignement supérieur, de la jeunesse, de l’emploi, les offices de population et les initiatives communautaires.
En dehors des efforts réalisés au niveau de l’UEMOA, des initiatives sont également prises au niveau régional, notamment par la CEDEAO et l’Union Africaine et au niveau international, par les partenaires, en vue du relèvement du niveau du capital humain sur le continent. Dans ce cadre, la CEDEAO s’est dotée, en juillet 2021, d’une stratégie de développement du capital humain fondée sur l’éducation, le développement des compétences et le travail. Ladite stratégie ambitionne d’améliorer, d’ici à 2030, le stock de capital humain disponible dans la sous-région ouest-africaine.
Les défis, tendances lourdes et germes de changement liés à la démographie, au capital humain, au genre et à la jeunesse, à la migration, et à la culture et au tourisme
Dans l’UEMOA, plusieurs défis, tendances lourdes et germes de changement sont observés en matière de démographie, de capital humain, de genre et de jeunesse, de migration, de culture et de tourisme.
En ce qui concerne la démographie, la région connaît une croissance démographique rapide, avec une population jeune en augmentation. Cette évolution présente notamment des défis importants à relever en termes de besoins en éducation, en emploi et en services sociaux.
Pour ce qui est du capital humain, en dépit des progrès enregistrés, l’amélioration de la qualité et de l’accessibilité de l’éducation reste un défi majeur pour la région. Des réformes profondes des systèmes éducatifs qui permettent d’améliorer significativement les curricula et d’accroître sensiblement les proportions de jeunes et d’adultes disposant des compétences techniques et professionnelles nécessaires à la transformation des ressources naturelles, à l’accélération de la transformation structurelle des économies, à l’entrepreneuriat, à l’emploi et à l’obtention de travail décent constituent des enjeux cruciaux pour l’avenir de l’Union. Ainsi, des investissements supplémentaires sont nécessaires pour renforcer les systèmes éducatifs et stimuler à la fois des dispositifs pérennes et des mécanismes incitatifs au profit de la recherche et l’innovation au sein des États membres.
En outre, au niveau de la santé, l’accès aux services de santé de base de qualité, le renforcement des mécanismes de surveillance des maladies et épidémies ainsi que la réduction de la mortalité infantile et maternelle demeurent, entre autres, un défi important pour l’Union. À cet égard, des investissements accrus dans les infrastructures de santé et le renforcement de la formation du personnel médical s’avèrent notamment nécessaires.
Par rapport au genre, malgré les progrès réalisés, des inégalités persistent entre les hommes et les femmes. L’autonomisation des femmes, l’accès à l’éducation et aux opportunités économiques, ainsi que la lutte contre la violence basée sur le genre sont des domaines qui nécessitent une attention particulière.
Se référant à la situation des jeunes, il est à souligner que le chômage reste un défi majeur à relever. Promouvoir la formation professionnelle et l’accès aux emplois décents est essentiel pour favoriser l’inclusion socioéconomique des jeunes et préserver la paix sociale.
Concernant la migration, la libre circulation des personnes et des biens au sein de l’Union présente des opportunités et des défis. Dans ce contexte, il est important de gérer les flux migratoires de manière efficace, en assurant la protection effective des droits des migrants et en créant des opportunités pour les populations afin de limiter la migration irrégulière.
Au titre de la culture et du tourisme, les principaux défis concernent la valorisation du patrimoine culturel et touristique. En dépit du potentiel qu’ils représentent pour le développement de la région et pour la création d’emplois, les actifs culturels et touristiques de l’Union restent insuffisamment exploités. L’amélioration des infrastructures et des services touristiques, tels que les hôtels, les transports, l’aménagement des sites touristiques ainsi que la lutte contre l’insécurité sont, entre autres, essentiels pour attirer les visiteurs et stimuler le secteur du tourisme. La richesse culturelle pourrait notamment servir de socle à l’entrepreneuriat et à l’innovation.
9 Maternal mortality rates and statistics - UNICEF DATA
10 Ces taux (mortalité maternelle et enfants de moins de 5 ans) se trouvent, du reste, dans tous les États membres de l’Union encore au-dessus des cibles retenues dans le cadre des objectifs de développement durables (respectivement de 70 cas maximum pour 100 000 naissances vivantes et 25 cas maximum pour 1 000 naissances vivantes).
11 Resume_Pasec2019_Web.pdf (lmc-dev.fr)
12 Elles prennent souvent l’appellation de « mutuelles »
13 Rapport_final_regional.pdf (uemoa.int)
14 Données migratoires en Afrique de l’Ouest | Portail sur les données migratoires (migrationdataportal.org)
16 Au niveau international, sept États membres de l’UEMOA (à l’exception du Niger) ont ratifié la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF) et son protocole facultatif. En outre, au niveau continental, six pays de l’Union, à savoir le Bénin, le Burkina, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Sénégal et le Togo ont également ratifié la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples relatifs aux droits des femmes en Afrique (CADHP), adoptée en 2003 par l’Union Africaine. À l’échelle nationale, tous les États de l’Union consacrent l’égalité de tous leurs citoyens (femmes et hommes) sans discrimination fondée sur le sexe. Par ailleurs, certains pays de cette zone ont adopté ou modifié la législation touchant aux droits des femmes et de la famille ou encore révisé les codes de la famille de sorte à réduire les discriminations entre hommes et femmes.
17 Pour rappel, la première politique en matière de genre de la BOAD avait été adoptée en 2012.
18 L’UEMOA tente également d’améliorer l’organisation du secteur à travers la mise en place d’un Système d’Information Régional sur la Culture (SIRC).
19 Annexe de la décision 11-2010-CM-UEMOA portant adoption du Programme régional de développement du tourisme
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